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Par peur d'être rejeté, de décevoir
ou de faire souffrir, on est souvent contraint, lorsqu'on est homosexuel, de
mentir et de cacher sa vie, à sa famille, à ses amis, aux personnes que l'on
côtoie chaque jour. Et on en souffre. Or révéler son homosexualité permet de se
libérer et de s'épanouir Comment alors l'annoncer ? Nous
vous proposons des aides et des conseils pratiques pour réussir
cette étape
indispensable.
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En parler ou pas
?
Quand on se pose des questions sur sa sexualité, on a envie d’en
parler, de confier ses doutes, mais on est facilement gêné. Pour
l’homosexualité, le pas semble encore plus difficile à franchir : si on souhaite
en parler à quelqu’un, on n’ose souvent pas ou on ne sait pas à qui se confier.
Pour autant, il ne s’agit pas d’avouer, de confesser ou de justifier une faute :
on peut simplement avoir envie de parler. Il arrive même parfois de craquer, de
péter les plombs et de tout déballer pour se libérer d’un poids. Bien sûr, si on
n’a pas envie d’en parler, rien ne nous oblige à le faire. La sexualité, c’est
personnel. Mais, malgré tout, pour réussir à accepter pleinement sa sexualité,
il est souvent nécessaire de dédramatiser la situation, pour soi comme pour son
entourage. C’est ce que l’on appelle en anglais le coming out.
" J’étais mal à l’aise de mentir. Je ne le disais pas parce
que j’avais peur, mais inconsciemment je voulais qu’ils sachent. J’avais
l’impression que mes parents m’aimaient parce qu’ils pensaient que j’étais
quelqu’un d’autre ".
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En parler aux
proches ?
Dire son homosexualité à sa famille devrait être simple car les
personnes qui a priori vous aiment le plus devraient vous comprendre le mieux.
Certains pensent d’abord en parler à leurs parents ; d’autres, au contraire, ne
veulent surtout pas le faire. Les frères et sœurs, les grands-parents, les
cousins, oncles et tantes auxquels on est lié peuvent aussi recueillir des
confidences et servir éventuellement de relais auprès d’autres personnes (les
parents en particulier). Les copains et les amis, tout comme la famille, peuvent
constituer un cercle soudé par la connivence, c’est-à-dire un mélange de
confiance et de complicité. Tout le monde a besoin de se sentir bien entouré,
surtout dans une société encore quelque peu hostile à l’homosexualité. Etre bien
entouré, c’est se sentir plus fort, c’est être épaulé dans les moments durs,
c’est partager les grands bonheurs et les petits malheurs de la vie. C’est
simplement vivre des moments forts avec les gens que l’on aime.
Vous voudriez bien vous confier à tous vos amis, à toute
votre classe, mais avant de l’annoncer à tous, commencez par en parler à ceux en
qui vous avez toute confiance. Il est préférable de parler avec discernement, de
ne pas trop en faire. De même, si un/e camarade vous plaît, agissez avec
prudence, prenez le temps de vous connaître. Vos sentiments sont peut-être
réciproques, ou peut-être pas.
" Ce qui me perturbe et ce qui me chagrine, parce que je
m’entends très bien avec mes parents, c’est de ne pas pouvoir leur dire et avoir
une discussion calme. Ça me gêne beaucoup. J’ai tellement l’habitude de leur
parler, d’être honnête avec eux... J’ai l’impression de leur mentir. J’ai
l’impression qu’il faudrait que j’aie honte et je n’ai pas envie d’avoir honte
".
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En parler à des professionnels
?
Des personnes soumises au secret professionnel sont également susceptibles de
recevoir des confidences. On peut leur poser en toute sécurité des questions
précises, techniques, que l’on ne pourrait pas poser à d’autres.
- Dans le milieu scolaire : l’infirmière de votre établissement peut être de
bon conseil, elle est soumise au secret professionnel. L’assistante sociale peut
vous soutenir en cas de coup dur (problèmes avec les parents, etc). - Dans
le milieu médical : un médecin est soumis au secret professionnel. Si la
relation de confiance est suffisante avec lui, il pourra vous aider à accepter
votre sexualité, quelle qu’elle soit.
Attention ! Si vous ressentez le besoin de parler à un psy, vous seul-e êtes
à même de le choisir. Il ne peut en aucun cas vous être imposé par votre
entourage. Et si quelqu’un vous propose de "guérir" votre homosexualité, fuyez :
c’est un charlatan !
- Dans le domaine public : des associations proposent un véritable
accueil, au téléphone ou sur rendez-vous. Les rédacteurs de cette brochure en
font partie : Contact, Ecoute Gaie, le MAG. Si vous vous sentez seul-e ou
déprimé-e, il existe peut-être une association de jeunes gais et lesbiennes près
de chez vous : n’hésitez pas à entrer en contact avec
elle.
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En parler au lycée ? Au travail
?
Les gens que l’on côtoie en cours peuvent aussi inspirer
suffisamment confiance pour qu’on choisisse de se confier à eux. Un prof, par
exemple, ou un conseiller d’éducation, peuvent écouter des confidences en privé,
à l’écart. Mais il faut bien voir que cela implique un certain risque : ils ne
sont pas soumis au secret professionnel, on peut se tromper et faire confiance à
quelqu’un qui ne saura pas garder le secret. C’est pareil pour les relations de
travail. Vous entrez dans la vie active ou vous devez accomplir un stage en
entreprise : de nouvelles têtes, un nouveau lieu, une ambiance différente de
celle que vous connaissez vous attendent. Des collègues peuvent très bien
recueillir vos confidences, avec les risques énoncés plus haut. Sachez en tout
cas que le Code du travail protège les personnes contre les discriminations
liées au racisme, au sexisme ou à l’orientation sexuelle. Attention ! Les
relations amoureuses et le travail ne font pas toujours bon ménage, chez les
hétéros comme chez les homos !
" Je n’ai pas très envie qu’on ragote sur ma vie
sentimentale et sexuelle sans moi. Je préfère le dire moi-même, c’est important.
Ce n’est pas facile, mais je veux le dire en face ".
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La vérité ne blesse pas
!
Mentir ou ne rien dire est toujours possible. Mais mener une double vie
devant les personnes qui vous sont les plus proches est une situation
inconfortable. Si vous voulez faire votre coming out, sachez qu’il n’y a pas de
recette toute faite. S’y préparer ou parler brusquement, l’important est que la
discussion évolue suffisamment pour que les questions que l’on se posait soient
abordées. Assez souvent, de jeunes homosexuel-le-s ou leur entourage essaient
d’amorcer le dialogue par de petites phrases, des indices, des allusions. Tendre
des perches, ça rassure : on observe les réactions de l’autre, on tourne autour
du pot et on se dit qu’on progresse. Ça peut être utile en effet pour amener la
discussion. Mais ça ne résout pas toujours les problèmes, car il est difficile
de franchir le pas et de passer du "je te le dis sans le dire" au "je le dis
vraiment". Tendre des perches, ça peut être bien, mais ça ne remplace pas une
véritable discussion.
En revanche, si c’est l’un de vos
proches qui aborde le sujet, vous êtes toujours libre d’accepter ou de refuser
la conversation. Si vous le voulez, vous pouvez vous laisser aller à la
confidence. Une émotion partagée peut vous rapprocher. La vérité ne fait pas de
mal, il faut cependant choisir le bon moment, le bon endroit et la bonne
personne.
" Quand je leur dirai, je serai certainement gêné parce
que je me dirai : "Mon image est cassée". Mais je serai quand même soulagé : "Ça
y est, c’est moi qu’ils voient maintenant" ".
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On fait comme on le
sent
Pour dire à des proches ce qui nous tient à cœur, on peut les voir un par un
ou en petit groupe... On fait comme on le sent, mais il faut savoir que parler
de sa vie intime dans un moment de crise, quand on est en colère, lors d’une
réunion familiale, ça n’est peut-être pas le meilleur moment pour que
l’entourage l’accepte bien ou pour que vous viviez bien cette situation. Si on
en parle à l’occasion d’un moment de bonheur personnel, d’une rencontre
amoureuse, de sa première Gay Pride, le courant passera peut-être mieux et on
sera plus fort pour répondre à d’éventuelles situations conflictuelles. Pour
être accepté, on doit éduquer l’entourage. Dire son homosexualité, c’est parfois
un long travail pour que la famille comprenne et accepte. On a besoin d’être
compris rapidement, mais les proches - et d’abord les parents - ont aussi besoin
de temps pour accepter et comprendre.
" Je l’aime et j’ai envie de le présenter à mes parents. J’ai envie
tout bêtement qu’ils l’aiment aussi, comme ils aiment le copain de ma sœur. Je
n’ai pas envie de leur taire cela, c’est quelque chose d’important pour moi
".
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Se préparer aux
réactions
Dans toutes les hypothèses, il faut être conscient que l’annonce de son
homosexualité peut susciter des moqueries, des craintes, voire du rejet.Tout ne
prend pas une tournure désagréable et les surprises - les bonnes ! - sont
parfois au rendez-vous.
Bien sûr, parler à ses parents, c’est s’exposer à une réaction qui
peut être forte. Leur parler de son orientation sexuelle peut faire peur
:
- Peur de briser une relation, une complicité. - Peur de décevoir, de
casser les illusions, projets, rêves qu’ils ont. - Peur de faire du mal
(gêne par rapport aux proches, aux voisins, à la société). - Peur que les
parents se sentent coupables. - Peur d’être
rejeté-e.
Contre ces peurs, il faut avoir conscience de plusieurs
éléments :
- Une nouvelle relation, plus forte, peut naître de la discussion. - On
n’est pas sur terre pour réaliser les rêves des parents, mais les nôtres. -
Si les parents se sentent mal ou coupables, c’est peut-être dû au fait qu’ils ne
connaissent pas l’homosexualité, en ont peur et ont besoin d’un peu de temps.
- Il faut parfois s’affirmer face à ses parents.
" Ça a été un peu dur à avaler pour ma mère, quand je lui ai dit que
j’étais lesbienne. Du coup, elle a commencé à se poser des questions, puis à me
les poser. Quelquefois, elle me disait qu’il fallait qu’on en parle. Ça se
passait comme ça. On avait des moments où on en parlait. Je lui disais : "Je
suis neuve dans le truc, je ne sais pas tout". Elle a essayé de comprendre sans
juger ".
" Ma mère ne m’a jamais traitée de tous les noms, jamais. Elle ne m’a
jamais rejetée, j’étais d’abord sa fille, donc je restais avant tout son enfant.
J’avais un truc différent, donc il fallait qu’elle le comprenne ".
" Ma mère m’a sorti tous les poncifs sur l’homosexualité, et j’ai répondu
point par point à ses questions. J’étais franchement mort de rire à chacune des
phrases qu’elle disait, je détruisais ses illusions, sa vision au fur et à
mesure. Je lui disais : "Mais non, je t’assure, ce n’est pas comme ça !"
"
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Laisser du temps aux
parents
Les parents, surtout quand ils ne se doutent de rien, ont besoin
d’un temps d’adaptation. Pour faire preuve de compréhension, ils doivent
surmonter une forme de choc. Un peu de patience est dans ce cas nécessaire... et
quelques explications (ou les rendez-vous de Contact) sont utiles. Leur réaction
dépend de leur histoire personnelle, du degré de proximité, de confiance avec
leur enfant. Si la rupture est toujours difficile à vivre, elle est parfois la
seule solution. La distance qui s’installe par rapport aux parents peut être
constructive et, après quelque temps, se réduire. Et puis, aujourd’hui, dans
bien des cas, l’annonce de l’homosexualité se fait sans conflit.Des associations
pourront aider dans les démarches à suivre et offrir un soutien moral si les
choses tournent mal, si on est mis-e à la porte.
" J’ai dit à mes parents que je subissais le même calvaire qu’eux,
que ce n’était pas évident tout seul et que j’aurais bien aimé m’appuyer sur
eux. Mais ils ne m’ont pas écouté. J’ai demandé à l’infirmière du lycée qui
pouvait m’aider et elle m’a donné le téléphone de votre association ".
" Je me sens plus proche de mes parents maintenant qu’ils savent que
je suis homosexuelle, à l’inverse d’avant où ils ne savaient rien. C’est
complètement différent, c’est une relation d’adulte à adulte ".
" Je crois que ma mère a peur, peur de ne pas avoir de
petits-enfants, peur de se retrouver toute seule, peur pour sa réputation, peur
que je ne vive pas la vie qu’elle a imaginée pour moi ".
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Ce texte est tiré de la Brochure "Homo ? Et alors
?". Cette brochure a été réalisée par : - Contact : Parents, familles et
amis de gais et de lesbiennes. - Ecoute Gaie. - Le MAG : Mouvement
d’Affirmation des jeunes Gais et Lesbiennes. Reproduction intégrale des
textes autorisée, avec mention des auteurs.Reproduction partielle uniquement
avec l’accord écrit des auteurs. © Contact - Ecoute Gaie - Le MAG
2004 Citations Toutes les citations figurant dans ce document sont issues
de rencontres organisées par l’association Contact. Elles ont été intégralement
reproduites. Elles apparaissent en italique.
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